samedi 5 avril 2008

"Un homme accidentel" - Philippe Besson

Par Laiezza

Philippe Besson est un auteur bizarre, intéressant parfois, mais très inégal dans sa (dense) production. Il est vrai qu'il a écrit de jolis livres, par exemple : "Son frère", émouvant, un peu pathos, mais réussi. Ou, plus récemment, "Les jours fragiles", livre acclamé par tous. Ses autres ouvrages ? Ils m'ont laissée sceptique. "Se résoudre aux adieux" m'a même atterrée, tant il m'a paru niais, carrément cucul.

Après avoir entendu le plus grand bien de cet "Homme accidentel", je me suis décidée à le lire, à son tour.
Pas convaincue, c'est peu de le dire ! L'histoire est à peine digne d'un téléfilm de France Télévisions : un flic enquêtant sur le meurtre d'une prostituée, rencontre la nouvelle star du tout-Hollywood. Une histoire d'amour impromptue va se nouer entre ces deux hommes, que tout oppose. Pas très convaincant, comme point de départ. Pourquoi, déjà, faire se dérouler l'histoire à L.A. ? Pourquoi un flic travaillant sur les bas-fonds de la ville, d'un côté, et une star de cinéma, de l'autre ? Quel besoin Philippe Besson a-t-il eu, de mettre en scène ses personnages dans cet univers à la Ellroy ? Résultat, la partie enquête ne sert à rien (c'était prévisible), et la partie entourant le monde du cinéma, n'est qu'une enfilade de clichés.
Il ne reste que l'histoire d'amour. Il y a dix ans, sans doute ce livre aurait-il pu avoir une portée très importante. Aujourd'hui, malheureusement, il fait aussi cliché qu'un autre, écrire une histoire d'amour homosexuelle n'ayant plus grand chose d'original, ni de marginal, depuis bien des années. D'ailleurs, Besson ne prétend pas à l'originalité : au contraire, comme l'indique le titre, il prétend montrer à quel point cette histoire est, en fait, aussi banale qu'une autre. C'est très réussi ! son histoire est si banale, que j'en suis arrivée à me demander : pourquoi il l'avait écrite !
Ces émois ne sont pas mal restitués, et pas mal racontés. C'est ce qui sauve le livre de la nullité. Mais, les personnages évoluant dans un monde de papier glacé (carton pâte), j'ai eu du mal à me concentrer sur l'essentiel. Les deux livres réussis de Besson, cités plus haut, avaient tous les deux la particularité d'être des (presque) huis-clos. Apparemment, cet auteur est plus doué pour les face à face, que pour les histoires à thèmes multiples. Peut-être, alors, qu'il devrait y revenir ?

9 commentaires:

  1. Je finis de mourir de rire, et je reviens poster un vrai commentaire ;-)

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  2. peut-être il devait renoncer à écrire des histoires d'amour. J'ai bien aimé "Son frère" mais la partie où il y croyait nécessaire d'ajouter son histoire d'amour,(et spécialement là où il a laissé noyer sa copine) est carrément nulle.

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  3. Je crois que Besson a un côté midinette très marqué, qui l'oblige à sombrer dans la guimauve, par intermittence...

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  4. Ca a le mérite d'être clair! Je n'ai jamais cotoyé cet auteur et j'ai (apparemment) bien fait!

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  5. Son côté "guimauve" expliquerait son succès aux côtés de Marc Lévy, Anna Gavalda et Muriel Barbery... Pas lu, et pas intéressé.

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  6. J'ai lu de cet auteur "Un garçon d'Italie" pas trop mal dans mon souvenir et celui-ci, auquel je n'ai pas trop accroché non plus...
    Ma critique est ici :
    http://lettres-expres.over-blog.com/article-17534207.html

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  7. Sur ce thème (si on peut dire), je te conseille plutôt la lecture de Mérovée de Nicolas Jones-Gorlin. Chose cocasse, ce livre est sorti pile en même temps qu'Un homme accidentel, ils ont été systématiquement mis sur un pied d'égalité alors que l'un des deux est nettement supérieur à l'autre, que ce soit sur le plan littéraire, narratif ou romanesque!

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  8. Je ne trouve pas spécialement "cocasse" qu'on les ait rapprocher, ça montre juste que pour la presse, deux livres avec des homos (et des flics, mais je pense que ce ne sont pas eux le problème) qui sortent en même temps, c'est pas aussi normal que tous ces livres avec plein d'hétéros flics qui sortent toute l'année...

    Moi je ne les trouve pas vraiment rapprochables. Sauf sur un point : la relation homosexuelle y est traitée de manière schématique et supercifielle.
    La vraie différence, c'est que Mérovée est un bon livre, dont le sujet est en grande partie ailleurs, alors qu'Un Homme accidentel est un mauvais livre qui ne parle quasiment de rien.

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