jeudi 3 avril 2008

"Terrasse à Rome" - Pascal Quignard


Par Idothée


On se demande dans un premier temps où veut nous conduire Pascal GuignardQue veut-il dire ? Mais sans que cela gâche la lecture.

Le récit se présente entre le récit d'une vie dans une époque assez tourmentée et le conte. Les personnages restent un peu évanescents en même temps qu'ils paraissent bien réels.

L'histoire est traversée, charpentée, par tout ce qui concerne le travail à l'eau forte de Meaume : ce qu'il exprime sur les couleurs, sur le noir et blanc, sur la lumière et comment, à travers son œuvre, il exprime sa façon d’être au monde.

Pascal Quignard dit s'être plutôt inspiré d'une nouvelle forme de gravure qui est apparue en 1642. Cette technique s'oppose à celle de la gravure traditionnelle qui consiste à vernir une table rase et à faire mordre le cuivre par l'acide, en le repoussant. Alors que la nouveauté ici, consiste à faire justement "table rase du passé", en hachurant la plaque et la noircissant dans son intégralité. C'est en appuyant sur la plaque que les blancs ressortent (à l'inverse du révélateur photographique qui fait surgir le noir du blanc). Ce geste, ainsi que le pari de la plaque entièrement noircie ont interpellé vivement l'auteur : "Le blanc ressort du noir".

C'est toute la valeur de l'opposition que l'on retrouve ici, de même que dans l'opposition sexuelle, explique le romancier.

Je n'ai pas bien compris la première technique, il faut certainement mieux connaître la gravure pour comprendre. Mais ce qui paraît essentiel c'est le caractère d'opposition. "Comme dans l'opposition sexuelle" dit Quignard. Est-ce qu'il veut dire que si d'une certaine façon la rencontre sexuelle est vouée à un certain échec, ce à quoi elle n'échouerait pas ce serait justement à faire ressortir ce "caractère d'opposition" entre les hommes et les femmes, dans toute la violence et l'attirance qu'il provoque ? L'emploi de l'eau forte, le passage par l'art, pour exprimer quelque chose de l'ordre de la force de la relation sexuelle (et de l'amour ? ) m'a particulièrement frappée.

11 commentaires:

  1. Je ne pense que du mal de Quignard.

    Enfin non : je l'admire un peu. Parce qu'il a je trouve poussé l'escroquerie intellectuelle et littéraire jusqu'à des cimes difficiles à atteindre pour le commun des écrivains. Chapeau l'artiste !

    :-)

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  2. C'est curieux car ton article ne laisse pas deviner aisément si tu as aimé ou pas; ;-)
    Ca m'attire pas trop, ce genre de roman. Je vais passer!

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  3. C'est un très beau livre, très poétique.

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  4. Euh...
    Moi, ce n'est pas pour parler du livre que je fais ce commentaire, mais plutôt pour faire remarquer que vous ne proposez aucune lecture pour jeunes...
    Alors ceux qui passent par là, ne trouvant aucun livre leur correspondant vont vite passer sur un autre blog...
    Comme moi par exemple !!
    pauline

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  5. Sans rire, vous avez raison, Pauline. Mais vous semblez ignorer un point important : ce blog n'est ouvert que depuis deux jours ! Alors ce n'est pas parce qu'on en a pas encore parlé, qu'on ne le fera pas.

    A bientôt. Du coup :)

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  6. J'ai enseigné pendant des années, et je n'ai jamais su ce qu'était un livre pour jeune. En collège, quand un "jeune" venait me demander un livre, je lui donnais un livre. Ce n'était pas obligatoirement un livre pour jeune. C'était un livre dont je pensais qu'il pourrait lui plaire. J'ai toujours trouvé les catégorisations "pour jeunes", "pour vieux", complètement stériles.

    Je ne dis pas ça pour vous Pauline, bien entendu. Je veux juste dire par-là que nombre des livres évoqués sur ce site pourraient plaire à des jeunes. Le Diana Evans, par ex (article juste avant) ferait certainement le bonheur d'ados.

    Ensuite, tout dépend de quels âges vous visez...dites-nous, on vous répondre :D

    Au plaisir !

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  7. Oui tiens, j'ai pas dit si j'aimais.
    J'ai beaucoup beaucoup aimé : )
    Pour la poésie, pour l'histoire de cet homme et celle de son amour.
    La lecture n'en est pas difficile, au contraire. C'est par ailleurs un roman très court et très fort .
    J'ai aimé aussi parce qu'il n'est pas creux, il ouvre des portes sur des réflexions pas simple, mais essentielles : )

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  8. Vous avez raison : thom comme laiezza .Je n'avez pas le même point de vu que vous sur les livres pour "jeunes" et pour "adultes". Mais tout bien réfléchi, il faut conseiller un livre en fonction du goût de la personne et pas de sa classification.
    Mais il y a certains sujets pour les lecteurs de douze treize ans par exemple qui ne conviendront pas à ces lecteurs mais seulement à ceux qui sont plus mûrs...
    Et alors si ce blog n'est ouvert que depuis deux jours allors je reviendrais bientôt pour en voir plus.
    Merci encore d'avoir répondu, sachant que je n'ai pas été très agréable dans mon commentaire...
    A bientôt,
    Pauline

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  9. Oh non, nous n'avons pas perçu comme une agression :-)

    C'est vrai que 12 ans, c'est sans doute l'âge le plus délicat pour conseiller un livre. Il y a de telles disparits à ce stade d'apprentissages de la lecture...j'ai souvenir de certains élèves de 12/13 ans s'envoyant l'intégralité du "Seigneur des anneaux" sans sourciller, et d'autres peinant à finir un bibliothèque verte...

    Si vous avez besoin de conseils plus personnalisés, concernant un enfant précis avec des goûts précis, n'hésitez pas en tout cas à nous contacter, Laiezza ou moi-même (il suffit d'appuyer sur le bouton "proposer un article" pour que l'adresse du blog s'affiche). Nous nous ferons un plaisir de vous aiguiller.

    Au bientôt.

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  10. Pourquoi terrasse a Rome ?

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