jeudi 2 juillet 2009

"Le meunier hurlant" - Arto Paasilinna

Foutus p'tis patelins, par Thom.

Ces petits patelins n’en finiront donc jamais de poser des problèmes aux gens un peu différents ! Mazette ! C'est presque devenu un cycle officieux des chroniques de bouquins : Splendeur et Misère des petits patelins – on pourrait presque en faire une catégorie à part entière. Cette fois-ci le petit patelin en question se trouve en Finlande, mais objectivement ça n’a aucune importance : en France, en Finlande ou en plein milieu du désert, un petit patelin reste un petit patelin, à savoir un endroit arriéré dans tous les sens du terme où il ne fait pas bon être étranger ou simplement original. Les habitants de celui-ci ont donc, comme de juste, une mentalité étriquée et des préjugés sur tout… notamment sur leur meunier, homme au demeurant fort sympathique quoiqu’affublé d’un défaut pour le moins original : il hurle au milieu de la nuit lorsque ça ne va pas bien. Or, ça va rarement bien, et ses concitoyens ont donc régulièrement l’occasion de l’entendre hurler. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que l’ensemble de cette petite communauté évidemment respectable n’en déduise que Huttunen est un fou qu’il faut faire enfermer avant qu’il ne s’en prenne à quelqu’un… et pourtant il est diablement sympathique, ce Huttunen, toujours à travailler à son potager, à repeindre son moulin ou à se construire des petites cabanes. A peu près n’importe qui de normalement constitué lui donnerait le bon dieu sans confession – à se demander qui dans ce roman n’est pas normal. Ici se niche la morale, assez simple mais néanmoins capitale, d’un petit bouquin qui me laisse encore tout songeur tant il m’a paru poétique dans sa simplicité même. L’histoire est celle d’un petit conte délicat – très séduisante donc ; les personnages sont hauts en couleurs et plus attachants les uns que les autres, et l’ensemble s’avale d’une traite en rêvassant à un monde meilleur.A se demander pourquoi on est séduit, d’ailleurs : l’écriture n’a a priori rien d’exceptionnel, l’intrigue est d’une simplicité presque déconcertante. Et pourtant ça marche ! On est enthousiaste et on en redemande, de cette chronique faulknerienne simplifiée et téléportée dans un pays encore moins accueillant que le Comté de Yoknapatawpha. Inutile de chercher plus loin : cela s’appelle Le Charme, et ça ne se discute pas.

2 commentaires:

  1. Je trouve qu'il faudrait un label ou une catégorie "petits patelins" ;-)

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  2. WOW! Je peux de nouveau faire des commentaires! Youhou!

    Bon, voilà un bouquin que j'ai tenu une bonne paire de minutes en hésitant à l'acheter avant de le reposer. Je pense que je vais me faire une période "lectures nordiques" au prochain shopping bouquins, avec toutes ces propositions de lectures venues du nord (je désaltérerai par la même occase ma traditionnelle soif estivale de polars) :-)

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