De l'importance -ou pas- des apparences, par Ingannmic.
Cette dernière a décidé de publier ce récit à l’attention de son frère Johnny, disparu en mer trente ans auparavant, lors d’une baignade. Johnny étant un nageur émérite, elle n’a jamais cru à sa mort. Elle est persuadée qu’il est simplement parti vivre ailleurs, et espère que son « non roman » l’incitera à réapparaître. Au moment de ce drame, Imogen était internée dans une maison de repos, car elle avait perdu l’usage de la parole, pour une raison que le lecteur ignore. Elle revient, par bribes, sur les événements qui l’ont rendue muette, les entrecoupant d’extraits du journal intime de son père, et de celui de son arrière grand-mère paternelle, une mélomane brisée par la mort de l’un de ses fils parti sur le front. Ces témoignages familiaux, Imogen les a trouvés dans une vieille malle qu’elle a héritée de son père.
Ces différentes voix permettent au lecteur de s’introduire dans le milieu de la petite bourgeoisie irlandaise du début du XXème aux années 1960-1970. Une bourgeoisie prude et obsédée par la normalité, où tout ce qui sort des critères établis (qu’ils soient sexuels, sociaux,…) doit absolument être dissimulé.
C’est ainsi qu’en même temps qu’elle découvre les secrets de ses aïeux, Imogen nous révèle les siens, des secrets somme toute plutôt banals, mais qui dans certain contexte s’avèrent très lourds à porter. D’autant plus lourds qu’Imogen a évolué entre deux parents très distants, qui pratiquaient une éducation où le pragmatisme primait sur les liens affectifs, et d’où la communication était quasiment absente.
« Ceci n’est pas un roman » est bien un roman… un roman mélancolique, dont les personnages, meurtris, orientent leurs vies en fonction des blessures qu’ils ont subies. Mais c’est aussi, grâce à la fluidité de l’écriture de Jennifer Johnston, un roman agréable à lire.
Je suis contente que tu aies aimé ce livre de notre aristo :)
RépondreSupprimerJe ne l'ai pas encore lu celui-là mais il me tente.