mardi 2 décembre 2008

"Un ange cornu avec des ailes de tôle" de Michel Tremblay

Un livre qui parle de moi, par Ingannmic

Etiez-vous, enfant, de ceux qui se cachaient la nuit sous les draps, munis d’une lampe de poche, pour finir le livre entamé plus tôt dans la journée ? Faisiez-vous partie de ceux pour qui ces paroles, d’être cent fois répétées, étaient devenus familières : « tu vas finir par t’user les yeux, à lire comme ça ! » Etes-vous de ceux qui, venant d’acquérir un livre, le feuillettent, le caressent, le reniflent, le respirent, même ? Oui ? Alors, « Un ange cornu avec des ailes de tôle » est fait pour vous.

Michel Tremblay y relate des anecdotes liées à quelques-uns des livres qu’il a lus, enfant puis adolescent, et par lesquels il a découvert l’amour de la lecture, et du livre en tant qu’objet, par le plaisir qu’il représente. C’est aussi par eux que l’envie d’écrire, et surtout la volonté d’y croire, lui sont venues.

Pour les passionnés comme lui, M.Tremblay parle un langage tellement familier ! Comme on se retrouve dans ses coups de cœur, ses manies et ses exigences de lecteur ! Mais ce n’est pas tout : ces anecdotes sont aussi l’occasion de découvrir son enfance dans le Québec des années 1950-1960, à une époque où certains livres (de Victor Hugo, notamment) sont censurés par ses professeurs et où les artistes canadiens francophones peinent à être reconnus. On y fait la connaissance d’un jeune garçon intelligent, parfois étonnamment mature –il assume très sereinement le fait de se deviner homosexuel-, et parfois entêté, voire capricieux. Autour de lui évolue son attachante famille dont le personnage central est celui de sa mère, femme inoubliable par sa truculence et l’affection qu’elle prodigue aux siens.

Et puis, surtout, « Un ange cornu avec des ailes de tôle» est extrêmement drôle, grâce notamment à ce fort personnage maternel, et au « joual », ce parler populaire du Québec que l’auteur manie pour notre plus grande joie dans des dialogues à se tordre de rire !



Non, de moi ! par Thom

Je vais faire court : c'est nul.
(mais non, je rigole )

C'est vrai que j'ai une sainte HORREUR du consensus, et vraiment, le vieux fouteur de merde qui sommeille en moi avait vraiment envie de détester ce livre, rien que pour embêter ses fans.

Manque de bol...ça n'a pas été le cas.

La naissance d'une vocation, c'est quelque chose de touchant...surtout quand on a au fond de soi la conviction d'avoir la même vocation. Alors forcément, j'ai été touché. Touché par ces petites choses, ces petits riens du tout qui sont en fait des instants de grâce et qui changent un simple lecteur en écrivain. J'ai pensé à beaucoup de choses en lisant ce livre, à "Ardoise" de Djian, à "Why write ?" d'Auster, à "Secret windows..." de King, et à certains passages du "Ham On Rye" de Bukoswki. J'ai pensé à Joe Strummer et à cette chanson, "Coma Girl", où il voit sa fille se découvrir une vocation de musicienne...
"Un ange cornu..." m'a renvoyé à tout cela. Et donc, d'une certaine manière, à moi-même. Des livres sur ce sujet, j'en ai cité quelques uns, et la liste est encore longue. Pourtant, dans le genre, je ne crois pas en avoir lu un seul qui soit si abouti.
Et bien sûr, il y a l'écriture. Michel Tremblay a du style, un style fort. Les mots m'ont touché, transpersé même parfois. Irrité aussi par instant, car le parler du Québec me laisse parfois perplexe... mais quelque part c'est agréable, je crois que c'était mon premier livre québecois (ou si j'en ai lu d'autres c'était sans le savoir) et j'ai eu l'impression de découvrir une nouvelle forme de langage, imagée souvent, drôle parfois.

Je me rends compte que j'ai beaucoup parlé de moi dans cette critique ! Mais après tout : il s'agit d'un livre sur Michel le lecteur. Et donc un peu sur nous tous.

2 commentaires:

  1. Le moins qu'on puisse dire c'est que vous me donnez envie de le lire!!! Je le note donc!

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  2. Moi aussi il me donne envie, j'ai l'impression qu'il parle un peu de moi ;)

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