N’est pas barjo qui veut, par Lhisbei

Philip K Dick nous brosse avec humour et un sens de l'horreur particulièrement développé le portrait d'une famille d'américains moyens. Il a une acuité particulière dans l'observation de ses semblables et nous restitue des personnages très réels. La construction du roman est originale : l'histoire est racontée par chacun des protagonistes au cours de chapitres différents, sans répétition ni redites. Une fois le livre commencé impossible d'en interrompre la lecture.
« Confessions d'un barjo » est l'un des romans non SF de Philip K. Dick. Il l'a écrit en 1959 mais n'a réussi à le faire publier qu'en 1975. Non pas parce qu'il est mauvais mais parce qu'à cette époque - et il parait que c'est toujours vrai de nos jours - quand on vous collait l'étiquette littérature de genre il était difficile de s'en débarrasser.
Comme nombre de romans de Dick celui-ci a fait l'objet d'une adaptation cinématographique. « Confessions d'un barjo », film français de Jérôme Boivin, avec Hippolyte Girardot est sorti en 1992.
Respect à l'auteur.
Je lui laisse le dernier mot (ceux d'une lettre datée du 19 janvier 1975) :
"Quand j'ai écrit « Confessions », j'envisageais de créer un personnage totalement idiot, ignare, dénué de tout sens commun, un symposium ambulant de croyances et d'opinions débiles... un paria de notre société, un être complètement marginal qui voit tout de l'extérieur et doit par conséquent se contenter de deviner ce qui se passe. En relisant le roman maintenant, je suis, à ma grande surprise, plus convaincu encore que Jack Isidore n'est pas un abruti; je suis sidéré de voir que sous le flot d'insanités qu'il débite en permanence, il possède une sorte de subconscient perspicace, peut-être capable d'appréhender en profondeur les événements... et merde, en finissant cette fois la lecture du roman, j'ai pensé avec stupeur : Il a raison, ma foi, ce vieux Jack Isidore ! Peut-être qu'il ne voit pas simplement les choses comme nous, mais, fait incroyable, beaucoup mieux à sa façon."
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Je viens de le finir et, en effet, le plus barjo de tous n'est pas celui que l'on croit! Jack Isidore n'est pas le plus fou de cette "famille" de barjo! Le beau-frère Charley en tient une sacrée couche quand même!
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