samedi 19 septembre 2009

"L'oeuvre au noir" - Marguerite Yourcenar

Une invitation à la méditation, par Mbu.


Le problème avec Yourcenar, c'est que je ne sais pas quoi en dire sans craindre de dire des banalités. Je pourrais dire que j'ai aimé, bien sûr, mais ça ne suffit pas. Ce genre de roman, ça ne s'aime pas, à mon avis, ça se médite et c'est là où ça devient un peu critique à commenter.
Yourcenar nous plonge dans une contexte médiéval très réaliste et aussi très noir, juste à l'époque où apparaît le protestantisme, donc la contestation d'une forme de l'église, pour mieux nous montrer comment ces protestants ne sont pas si différents de ceux contre qui ils se révoltent. Elle choisit un médecin philosophe athée pour nous guider, un homme qui doit se cacher, changer de nom, fuir l'inquisition pour faire avancer la science et qui médite beaucoup sur son époque, sur les hommes, la science. un penseur, donc. Qui ne sous fera penser, méditer, avec lui.
Là où l'on pourrait s'attendre à un roman plein d'actions et de voyages, si l'on ne connaît pas encore l'auteur, on se retrouve non pas à voyager sur terre, mais à l'intérieur de soi. Introspection encore, comme pour Hadrien, et réflexions sur l'espèce humaine. Mais le personnage d'Hadrien n'a vraiment rien à voir avec Zénon. Faiblesse de la chair, dureté du regard face à la violente réalité du monde, philosophie: ces deux héros ont peut-être quelques points communs, mais leur caractère est diamétralement opposé. L’un est empereur face au monde, l’autre est secret et se cache tant par obligation que par personnalité. Face au grand Hadrien, homme d'état, le sombre Zénon, génial scientifique apparaît comme particulièrement cynique, détaché, et nous fait explorer sa réalité sous un tout autre angle. Celui des nouvelles idées, de l’idéalisme et de ses faiblesses et incohérences. Et toujours on le suit, dans ce Moyen-Âge qui présente un beau miroir pour notre siècle. Zénon ne voyage pas, il erre. Comme ses pensée, et comme les notre.
Mais ce n’est pas non plus uniquement un roman de méditation. Il nous arrive parfois de laisser un peu Zénon et de suivre ses compagnons, son entourage, dans leurs tribulations si différentes du philosophe, qui nous montre d’autres facettes de ce kaléidoscope moyenâgeux et donne au roman un rythme nouveau, plein d’aventures, dans à travers les évènements historiques marquants de l’époque. Un roman à deux rythmes donc, à plusieurs visages, qui nous propose de débattre des idées nouvelles, et surtout, de l’homme.
Un livre, donc, à lire en le reposant pour réfléchir, en dégustant les réflexions, en méditant... Du genre que je prends dans un parc pour marcher un peu avant de continuer à lire un peu. C'est ce que j'aime finalement. Yourcenar me permets de me perdre dans les pensées de ses personnages, puis dans les miennes et de dériver...

2 commentaires:

  1. Ce livre est passionant, il suit la vie de ZENON.


    VOUS M AVEZ VRAIMENT CRU ???
    NON CE LIVRE N A RIEN DE PASSIONANT

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  2. Non sériensement l'histoire est intérréssante. Le style magnifique. Il nous permet de mieux connaitre le siècle en question...

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