William Boyd sait nous emporter dans cette histoire avec talent, d'abord dans les doutes de Kay, qui n'y croit pas mais suit et écoute quand même cet homme. Puis, et c'est la partie du livre la plus intéressante à mes yeux, tout le récit de la vie du Docteur Carriscant à Manille où l'auteur arrive à nous entraîner à la fois dans une intrigue criminelle et une histoire d'amour fou, sur fond d'occupation américaine des Philippines (au moment où l'Espagne a vendu cette colonie aux Etats-Unis). On survole la politique et les progrès scientifiques en étant totalement accroché par l'intrigue et l'attachement au personnage. Et ce n'est finalement qu'à Lisbonne, des années après, que c'est Kay qui dénouera le tout... ou peut-être pas.
mercredi 30 septembre 2009
"L'après-midi bleu" - William Boyd
William Boyd sait nous emporter dans cette histoire avec talent, d'abord dans les doutes de Kay, qui n'y croit pas mais suit et écoute quand même cet homme. Puis, et c'est la partie du livre la plus intéressante à mes yeux, tout le récit de la vie du Docteur Carriscant à Manille où l'auteur arrive à nous entraîner à la fois dans une intrigue criminelle et une histoire d'amour fou, sur fond d'occupation américaine des Philippines (au moment où l'Espagne a vendu cette colonie aux Etats-Unis). On survole la politique et les progrès scientifiques en étant totalement accroché par l'intrigue et l'attachement au personnage. Et ce n'est finalement qu'à Lisbonne, des années après, que c'est Kay qui dénouera le tout... ou peut-être pas.
mardi 29 septembre 2009
Bleu presque transparent" - Ryû Murakami
« Bleu presque transparent » est le 2ème roman de Ryû Murakami que je lis, et je n’y ai rien retrouvé de ce que j’avais apprécié dans le 1er, « Les bébés de la consigne automatique », récit difficile mais passionnant.Zaph l’a bien exprimé (ici) : hormis les descriptions d’une bande de jeunes qui se droguent, partouzent, écoutent de la musique et vont parfois aux concerts, rien ne s’y passe vraiment. Et puis cette platitude, au niveau du style ! Au bout d’une trentaine de pages, je crois que j’avais déjà compris que j’allais bien m’ennuyer (pour rester polie). Ennui certes parfois légèrement interrompu par le dégoût, lors de certaines scènes assez « trash ». Non que je sois quelqu’un qui se choque facilement, mais quand la description de violences semble être un but en soi, je n’en vois franchement pas l’intérêt.
Que dire de plus ? J’ai tenté, moi aussi, de lire entre les lignes, d’y voir un témoignage symptomatique d’une certaine jeunesse japonaise des années 70, entre influence du courant hippie occidental et désœuvrement lié à l’absence de tout projet, de toute idéologie… je cherche encore !
D’un autre côté, je ne voudrais pas dégoûter de cet auteur ceux qui ne l’ont jamais lu. Disons que « Bleu presque transparent », qui est son premier roman, est plus que dispensable. Maintenant, il aurait fallu que je lise d’autres œuvres de Ryû Murakami pour juger de son talent, mais cette mauvaise expérience m’a un peu refroidie.
lundi 28 septembre 2009
Valérie Valère
Née à Paris le 1er novembre 1961, dans le 15ème arrondissement, Valérie était le second enfant d'une famille classique. Elle fut internée à l'âge de 13 ans dans un hôpital psychiatrique pour anorexie mentale, pendant 4 mois. A sa sortie, elle s'inscrit à l'école du cirque d'Annie Fratellini pour suivre des cours de funambules, tout en suivant ses cours au collège. Elle était animée de cette passion qu'est l'écriture et s'y adonnait tous les soirs après ses devoirs. Elle a obtenu son bac et alla à la Sorbonne pour entreprendre des études de lettres, mais elle abandonna après la première année. En 1981 Valérie VALERE part vivre à la campagne où son frère la rejoint de temps à autre. Le 18 décembre 1982 Valérie VALERE quitte ce monde. Incinérée, ses cendres furent dispersées dans la mer, telle qu'elle le souhaita dans son dernier testament. J’ai lu plusieurs de ses livres et je tiens à dire que rares sont les ouvrages qui m’ont autant touchés.
Elle était anorexique, ok, mais là n’est pas mon débat !!! Je suis profondément horrifiée par le côté réducteur de la mise en première ligne de cette maladie ! Un coup de griffe, un !
De plus aucune photo couleur la représentant ! Que du noir et blanc ! Cherchez l’erreur ! On cultive le morbide !!! Re griffe !!!
Valérie VALERE est un auteur de talent !
La clairvoyance de ses romans, l’analyse de sa vision du monde et des rapports humains sont des bijoux à découvrir.
Tourmentée ? Sûr elle l’était, mais qui de nos jours y échappe ?
Elle me manque ! J’ai lu au moins 3 fois « MALIKA OU UN JOUR COMME TOUS LES AUTRES ». Où sont le bien et le mal lorsque l’on aime ? Sans barrière elle nous fait dériver le long de ses émotions…
J’aimerais de temps en temps entendre parler d’elle dans les médias… Mais elle n’est pas « la fille de » ! Alors…
Ses romans, nouvelles et écrits divers:
- Le pavillon des enfants fous
- Malika ou un jour comme tous les autres
- Obsession Blanche
- Laisse pleurer la pluie sur tes yeux
- Véra, Magnifica Love et pages diverses
- Eléonore
- La station des désespérés ou les couleurs de la mort
- A la porte de moi -même
dimanche 27 septembre 2009
"Le treizième conte" - Diane Sutterfield
Margaret Lea n’est pas une jeune femme moderne. Elle ne possède pas de téléphone portable, n’envoie pas d’e-mail (elle écrit plutôt des lettres et des cartes postales) et préfère la compagnie d’un livre (si possible anglais et du 19eme siècle) à celle de ses semblables. Elle vit toujours avec ses parents et baigne dans les livres au quotidien. Son père tient une librairie spécialisée dans les livres anciens qu’il restaure parfois et sa boutique est un terrain de jeu idéal pour Margaret. Elle est aussi biographe (d’auteurs morts et, si possible, anglais et du 19eme siècle) ce qui amène Vida Winter, le plus célèbre écrivain britannique à la contacter. Miss Winter, à l’article de la mort, vit recluse dans son manoir d’Angelfield (très 19eme siècle) perdu dans le Yorkshire. Elle ne laisse personne l’approcher et encore moins la connaître. D’abord hésitante, Magaret finit par se laisser convaincre (le manoir dispose d’une immense bibliothèque à laquelle il est difficile de résister) et écoute jour après jour l’histoire (ou les histoires) de Wida Winter. Cette dernière lui impose une règle : pas de questions et, à la fin du récit, elle connaîtra toute la vérité.
Les histoires de Vida et de Margaret vont se croiser tout au long du roman. Blessures secrètes, secrets de famille, fantômes surgis du passé qui ravivent d’anciennes douleurs, petits mensonges et faux semblant vont s’entremêler selon un canevas complexe tissé autour d’un incendie tragique pour Vida et d’une sœur siamoise décédée à la naissance pour Margaret. Le livre (le livre objet, le livre tel qu’on l’écrit, les romans dans le roman, les livres d’auteurs anglais morts du 19eme siècle et finalement la littérature) est le fil conducteur, le trait d’union, qui relie les deux personnages. Impossible à la lecture de passer à côté des références à (en vrac) Jane Eyre, Jane Austen, les sœur Brontë, Dickens … et à Daphné du Maurier bien sûr. L’ambiance est aux mystères et l’isolement des protagonistes (la lande anglaise en plein hiver est fidèle à sa réputation) pèse de tout son poids pour renforcer cette impression. Et le problème est là : dans le poids, le dosage. Les trop nombreuses références finissent par écraser des personnage pourtant bien construits et une narration maîtrisée. Le roman est « à la manière de » : à la manière des auteurs anglais morts du 19eme siècle. Sauf que l’auteur ancre son récit à notre époque et que le charme désuet que le décalage apporte s’évapore assez vite.
samedi 26 septembre 2009
"La rage d'être libre" - Kerstin Thorvall ("La trilogie de Signe", Tome III)
J'ai, pendant de longs mois, maudit ma bibliothèque, qui avait la curieuse idée de proposer à la lecture les deux premiers tomes d'une trilogie... et pas le troisième. Sans doute lassés de me voir déposer chaque semaine le même formulaire de souhait, ils ont fini par céder, et par acquérir "La rage d'être libre", dernier opus de "La trilogie de Signe" de la suédoise Kerstin Thorvall. Le problème, c'est qu'ayant lu le début de cette trilogie il y a 8 mois, j'ai eu au départ un peu de mal à me replonger dans l'ambiance et l'histoire...Pour rappel, à la fin des "Années d"ombre", nous avions laissé Hilma, mère de Signe et personnage principal des deux premiers volumes, en plein émoi. En effet, la fille chérie dont elle souhaitait à tout prix préserver la pureté et l'innocence s'était non seulement lancée dans de frivoles études de dessinatrice de mode, mais en plus, -ô sacrilège-, s'était trouvée un petit ami! Afin d'éloigner les deux tourtereaux, elle avait offert à Signe un stage de dessin à Paris.
Alors qu'auparavant la narration était menée à la troisième personne, c'est cette fois Signe qui s'exprime, relatant ses neuf années de mariage avec Lars-Ivar (le fameux petit ami), marquées par ses succès professionnels mais par un profond mal-être psychologique. En effet, élevée par une mère hyper-protectrice et puritaine, Signe est une jeune femme timide, complexée, complètement ignorante en matière de sexualité. C'est pourquoi lorsque Lars-Ivar, camarade d'école populaire et séduisant, lui fait la cour, à elle, le vilain petit canard, elle exulte!
Lui est touché par la pureté de Signe, et apprécie surtout l'image qu'elle lui renvoie. Elle le vénère presque, et son admiration pour lui l'amène à l'imiter, dans ses prises de position politiques (sociales-démocrates) et religieuses (il est athée). C'est à la fois une émancipation, puisqu'elle renie les préceptes rigides et aliénants que lui a inculqués sa mère, mais c'est aussi l'enfermement dans une autre prison : la dépendance change de support, mais reste une dépendance. Et Signe étouffe, malgré une situation privilégiée pour l'époque (elle a fait des études et représente la principale source de revenus du foyer...) : elle sent qu'elle n'est pas encore elle-même, ni en tant que mère ni en tant qu'épouse. Elle n'a pas encore surmonté son complexe d'infériorité et cette peur de la folie, d'avoir hérité de"l'Atavisme" paternel, qui la hante. Cela se traduit par des insomnies, des dyspnées, des crises d'angoisse... Foutaises, caprices, pour son entourage : un mari séduisant, des enfants en bonne santé (qui plus est des garçons!), une succession de réussites professionnelles... que désirer de plus?
Comme dans les volumes précédents, l'auteure insiste tout le long du récit sur la condition féminine et son évolution dans cette société des années 40-50. Une condition qui laisse encore à désirer, en dépit de l'apparition de certains progrès, notamment en matière de connaissances médicales, qui permettent d'aborder les problèmes "féminins" sous un angle plus rationnel, et d'abandonner par exemple le mythe de l'hystérie féminine en découvrant l'importance du rôle des hormones. La vie de Signe illustre à merveille à la fois ces évolutions, et la difficulté pour une femme de se réaliser par et pour elle-même.
jeudi 24 septembre 2009
"Plaisirs coupables" - Laurell K.Hamilton
Je viens de lire le premier volume de la série des « Aventures d’ Anita Blake, tueuse de vampires ». Auparavant j’ai regardé les critiques sur plusieurs sites et c’est unanime, cette série est un régal d’action, fantaisie et humour noir pour tous les amateurs de vampires.C’est donc confiante que je me suis lancée dans cette lecture après m’être documentée sur l’auteur dont voici la biographie :
« Née en 1963 dans une petite ville de l’Arkansas, Laurell Kave Hmilton a été élevée par sa grand – mère dans un petit village de l’Indiana. En 1993, elle crée le personnage d’Anita Blake et ignore alors qu’elle est l’instigatrice d’un nouveau mouvement littéraire, dérivé de la Fantasy urbaine : la bit – lit. Depuis, elle consacre chaque année un roman à son personnage fétiche, parallèlement à des ouvrages de la série Merry Gentry ou des novélisations pour des licences (Star Trej : The Next Generation, Ravenloft). Elle vit aujourd’hui avec son mari, leur fille et leurs trois chiens dans la ville de Saint Louis, comme Anita. »
Je lis énormément et suis « bon public » pour la bonne et simple raison qu’écrire est déjà en soi un art et que ce talent n’est pas donné à tout le monde. Mais là !!! Là… les bras m’en sont tombés et le livre aussi de ce fait ! J’ai longuement cherché l’humour noir, sans résultat. Le style d’écriture est plat et sans aucune richesse ni surprise. Les personnages sont prévisibles et les actions fortement décousues. Vous pouvez me répondre que c’est le premier volume et que sans doute les autres sont bien meilleurs et vous aurez peut être raison mais je ne renouvellerai pas cette expérience. Sans aucun snobisme, je pense avoir mis le doigt sur la « série HARLEQUIN » des vampires. C’est décevant, insipide et si Anita Blake, personnage principal de cette série est une tueuse de vampires sachez qu’elle est également un très bon somnifère pour nous autres pauvres humains.
Votre jugement sera sans doute sauvage à mon égard car c’est le premier avis que je vous envoie et peut être me trouverez – vous trop incisive (humour) aussi je vous présente tous mes respect pour votre blog que je visite régulièrement.
mercredi 23 septembre 2009
"A la croisée des mondes" - Philip Pullman
Dans un monde où......les ours parlent et portent des armures,
...les sorcières se déplacent en volant sur des branches de sapin,
...chaque humain est lié à son "daemon", créature qui, sous l'aspect d'un quelconque animal, fait partie intégrante de l'individu auquel il est rattaché par un fil invisible...
Dans ce monde vit Lyra, pré-adolescente au caractère de peste, dont l'extraordinaire destinée va entraîner le lecteur dans une suite d'aventures fantastiques et passionnantes.
Philip Pullman possède à la perfection l'art délicat de dépeindre l'imaginaire. L'équilibre est habilement maîtrisé, entre répondre aux attentes de l'enfant qui sommeille dans le cœur de chaque lecteur, qui réclame son comptant d'émerveillement convenu mais réjouissant (des animaux qui parlent, une héroïne intrépide et insoumise, des objets aux fonctions magiques) et satisfaire les besoins plus obscurs des adultes que nous sommes, d'histoires sordides, de noirceur, d'intrigue construite de façon à rendre l'irrationnel presque crédible, ou en tous cas imaginable...

Scènes de torture, héros à la personnalité trouble, enfants tour à tour victimes et meurtriers... l'auteur nous livre une véritable épopée où la violence et la cruauté ne sont pas en reste ! Et il maintient notre intérêt sur 3 tomes*, une demi-douzaines de mondes parallèles et une galerie de personnages qui n'a rien à envier aux récits mythologiques.
Mais Philip Pullman va encore plus loin. C'est presqu'une morale qu'il réinvente dans cette "Croisée des mondes", stigmatisant les dogmes religieux de façon quasi blasphématoire, y opposant un troublant hommage à la nature, puissante mais victime de la mégalomanie des hommes, une nature dont la variété et l'harmonie sont en elles-mêmes suffisamment extraordinaires pour ne pas avoir besoin d'être justifiées par l'intervention d'un quelconque créateur. C'est aussi une ode à la liberté d'esprit, à la science et au savoir qui éveillent les âmes, qui rendent les individus plus forts et plus avisés, à l'inverse des dogmes liberticides et de l'obscurantisme.
A la fois quête initiatique, roman d'aventures, récit ésotérique, philosophique... le tout porté par une écriture fluide et efficace : cette lecture fut un vrai moment de plaisir !

*"Les royaumes du Nord", "La tour des anges" et "Le miroir d'ambre".

mardi 22 septembre 2009
"Le passeur de lumière" - Bernard Tirtiaux
Des ciseleurs de pierre et musiciens des couleurs par Mbu
Il n’y a pas de couleur dans ce titre. Autant pour l’activité du moment. Mais de la couleur, dans ce livre, il n’y a que ça. Et la lumière passe au travers.
Bernard de Tirtiaux est un artisan rare, il fait des vitraux. Et c’est donc avec beaucoup d’amour qu’il nous invite à l’accompagner dans ce voyage artistique qu’est « Le passeur de Lumière », où le lecteur va explorer une époque d’une incroyable richesse artistique aux côtés de personnages étonnants qui de leur courte vie… bâtissent l’éternité : les bâtisseurs de cathédrales. Ces projets titanesques dont les auteurs acharnés sont conscients qu’ils ne verront jamais l’aboutissement. Ces générations qui s’enchaînent sur ces mêmes œuvres, que l’on se passe de père en fils, d’artisans de génie en artisans de génie.
Notre guide ? Nivard de Chassepierre, un orfèvre talentueux, fils d’un croisé doué de grands talents artistiques, dont il a hérité. Très jeune, il façonne une œuvre qui pourrait le laisser là, au bout de son art à peine sa carrière commencée, si le magicien de la pierre et bâtisseur de cathédrale Rosal de Sainte-Croix, dont l’art reflétant le nom est de tailler dans de lourds blocs des rosaces aussi fines et légères que de la dentelle, n’avait perçu chez cet artiste un très grand potentiel pour faire avancer un art totalement inconnu du jeune homme : celui du vitrail. Son idée, allier l’art de l’orfèvrerie à celui du verre. Le jeune homme va donc être confié à plusieurs grands maîtres du vitrail, à travers l’Europe et au Moyen-Orient. Le lecteur, à sa suite, est entraîné dans les plus fameux ateliers du monde du vitrail, d’Allemagne, de France, d’Italie et de Perse. Une formation de plusieurs années, de longues séparations pour des retrouvailles tardives et la réalisation de projets dont l’ambition est à l’échelle de la foi.
Ce qui étonne le plus, dans ce roman, c’est la notion du temps. Elle est à la mesure des bâtisseurs de cathédrale. Autrement, à une époque où l’on ne vit pas forcément vieux, où tout peut arriver, on lance sur les routes d’Europe et d’Orient les plus talentueux des artistes, à la poursuite de perfectionnement, afin de participer à des projets dont l’idée même est colossale, et dont la préparation demande plusieurs décennies. Avec, bien sûr, tous les aléas de la vie. Et dans la vie du turbulent et révolté Nivard, des aléas, il n’en manque pas. Jusqu’à en perdre la foi, si ce n’est l’art.
L’écriture n’a rien de spécial, mais l’univers esthétique dans lequel nous plonge l’auteur est fabuleux, et les personnages qui nous y guident sont terriblement attachants. Un beau roman historique sur la plus belle part de l’histoire : celle de l’art et de la recherche de la beauté.
lundi 21 septembre 2009
"Rue Sans-Souci" - Jo Nesbo
Ma déclaration, par Ingannmic.
Vous l'aurez sans doute deviné, la rédaction des critiques des romans de Jo Nesbo est pour moi un exercice de plus en plus délicat... Voici le 5ème roman que je lis ayant pour thème les aventures du célèbre inspecteur Harry (non, pas celui-là... je vous parle, moi, d'Harry Hole, ce géant norvégien qui passe une bonne partie de son temps à résister à la tentation d'un verre de Jim Beam), et il devient difficile d'éviter la redondance tant l'auteur est régulier dans la qualité. Que puis-je vous dire, si ce n'est qu'une fois de plus, l'intrigue est impeccablement ficelée, les personnages sont attachants, tous traités avec le même soin, l'environnement (Oslo) utilisé de façon intelligente, l'ironie maniée subtilement... Mr Nesbo, voulez-vous m'épouser ?Comme précédemment, je vous donne rendez-vous très bientôt, à l'issue de la lecture de "L'étoile du Diable", suite de cet opus...
samedi 19 septembre 2009
"L'oeuvre au noir" - Marguerite Yourcenar
Une invitation à la méditation, par Mbu.
Le problème avec Yourcenar, c'est que je ne sais pas quoi en dire sans craindre de dire des banalités. Je pourrais dire que j'ai aimé, bien sûr, mais ça ne suffit pas. Ce genre de roman, ça ne s'aime pas, à mon avis, ça se médite et c'est là où ça devient un peu critique à commenter.Yourcenar nous plonge dans une contexte médiéval très réaliste et aussi très noir, juste à l'époque où apparaît le protestantisme, donc la contestation d'une forme de l'église, pour mieux nous montrer comment ces protestants ne sont pas si différents de ceux contre qui ils se révoltent. Elle choisit un médecin philosophe athée pour nous guider, un homme qui doit se cacher, changer de nom, fuir l'inquisition pour faire avancer la science et qui médite beaucoup sur son époque, sur les hommes, la science. un penseur, donc. Qui ne sous fera penser, méditer, avec lui.
Là où l'on pourrait s'attendre à un roman plein d'actions et de voyages, si l'on ne connaît pas encore l'auteur, on se retrouve non pas à voyager sur terre, mais à l'intérieur de soi. Introspection encore, comme pour Hadrien, et réflexions sur l'espèce humaine. Mais le personnage d'Hadrien n'a vraiment rien à voir avec Zénon. Faiblesse de la chair, dureté du regard face à la violente réalité du monde, philosophie: ces deux héros ont peut-être quelques points communs, mais leur caractère est diamétralement opposé. L’un est empereur face au monde, l’autre est secret et se cache tant par obligation que par personnalité. Face au grand Hadrien, homme d'état, le sombre Zénon, génial scientifique apparaît comme particulièrement cynique, détaché, et nous fait explorer sa réalité sous un tout autre angle. Celui des nouvelles idées, de l’idéalisme et de ses faiblesses et incohérences. Et toujours on le suit, dans ce Moyen-Âge qui présente un beau miroir pour notre siècle. Zénon ne voyage pas, il erre. Comme ses pensée, et comme les notre.
Mais ce n’est pas non plus uniquement un roman de méditation. Il nous arrive parfois de laisser un peu Zénon et de suivre ses compagnons, son entourage, dans leurs tribulations si différentes du philosophe, qui nous montre d’autres facettes de ce kaléidoscope moyenâgeux et donne au roman un rythme nouveau, plein d’aventures, dans à travers les évènements historiques marquants de l’époque. Un roman à deux rythmes donc, à plusieurs visages, qui nous propose de débattre des idées nouvelles, et surtout, de l’homme.
Un livre, donc, à lire en le reposant pour réfléchir, en dégustant les réflexions, en méditant... Du genre que je prends dans un parc pour marcher un peu avant de continuer à lire un peu. C'est ce que j'aime finalement. Yourcenar me permets de me perdre dans les pensées de ses personnages, puis dans les miennes et de dériver...



