lundi 14 septembre 2009

"L'enfant bleu" - Henri Bauchau

Un bout de chemin avec Orion... par 32 Octobre.

En préambule à ma chronique, je vous livre cette phrase d’André Beem (extrait de "Portez cela plus loin" – 1996) :
« Chaque livre ouvre sur le monde une porte qui se referme derrière nous et que nous ne repasserons pas. »

Chacune et chacun nous avons rencontré notre « enfant bleu ».
Ce livre est un hymne à la tolérance et à l’acceptation de la différence. Sous le signe de l’espoir, la présence fugitive de « l’enfant bleu » éclaire Orion et Véronique sur un chemin de compassion.

318 pages pour raconter l'histoire d'Orion ("mon bien cher Orion"), dont Henry Bauchau dira "Pour finir l'enfant bleu, j'ai cassé, je le sais bien, un des ressorts de ma santé. Je ne suis plus le même depuis lors, je ne puis plus travailler comme je le faisais, mais peut-être ai-je contribué, de façon invisible, à la bonté et à l'émerveillement du monde, en écrivant ce livre."[1]

Orion[2], un jeune psychotique, entraîne Véronique, une thérapeute, « sa psycho-prof un peu docteur » dans un monde où se côtoient délire, espoir, courage, patience, art et toutes les difficultés liées au désespoir du « peuple du désastre » et à sa difficulté à communiquer avec le monde réel, tant il est rejeté.

318 pages pour raconter environ douze ans, la durée du traitement « d’Orion, un garçon de treize ans, en qui alternent l’application, de fortes inhibitions et des crises de violence ». Orion aura « vingt-cinq ans » à la fin du roman.

318 pages pour raconter un lieu réel, Paris. Nous suivrons Orion à… Je vous laisse découvrir… Nous irons avec lui jusqu’à Charenton, le terme du voyage, l’endroit du JE.

« Madame… Madame… on doit te parler, ça presse… ça presse ! Je n’ai pas pu jusqu’ici, les parents étaient là… ils sont partis pour les courses. Je prends le bus… toi, prends le métro, je te rejoins à Charenton. »

Nous l’accompagnerons aussi dans des lieux sortis de l’imagination.
Nous visiterons le labyrinthe, l’île Paradis numéro 2, suivrons Orion dans ses dix-sept dictées d’angoisse et regarderons « avec le regard émerveillé d’Orion, …l’instant de transport que les autres appellent délire… »

318 pages pour….Il faut que je m’arrête, je vais faire perdre la tête aux chats… mais ne manquez pas les rencontres avec Véronique, avec son mari « Vasco parle peu, mais quand il le fait tout le monde l’écoute », avec Gamma, l’amie chanteuse et partenaire musicale de Vasco, avec Myla, l’amie anorexique d’Orion, sa première « plus que demi-copine, mais pas plus que presque copine. Dans la tête elle est une copine, pas dans le vrai », avec Roland, avec Jean, avec Ysé et surtout avec l’enfant bleu….
Bizarre, Orion n’a jamais rencontré de chat…. Il a rencontré l’enfant bleu. L’enfant bleu vit par les paroles désordonnées d’Orion et par ses dictées d’angoisse.

Et surtout, dernier conseil, ne lisez pas la 4ème de couverture des éditions « J’ai lu » : « L'enfant bleu, c'est Orion, un garçon psychotique âgé de 13 ans dont les médicaments peinent à apaiser les crises. » Quand on écrit une 4ème de couverture, on lit le livre, on prend cette peine et on écrit : « L'enfant bleu », c'est L'HISTOIRE D'Orion...

Bon voyage au pays d’Orion, au pays du peuple du désastre, vous en reviendrez différent…


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[1] Le Présent d'incertitude - Henri Bauchau - ed. Actes Sud - http://volovent.over-blog.com/article-10386601.html

[2] Personnage fortement inspiré par Lionel, devenu l'ami de l'écrivain et qui vient lui rendre visite dans les pages du dernier journal, Le Présent d'incertitude, d’Henry Bauchau. Si vous aimez les livres - oeuvre d'art, faites-vous plaisir et offrez-vous Henry Bauchau En noir et blanc Vu par Lionel D.
http://www.chemindefer.org/catalogue/hbld_presentation/hbld_artiste/hbld_artiste.html

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